Charles Trenet et Narbonne

La pochette du 45 tours de l'époque.

La drôle d’histoire de la chanson de Trenet « Narbonne mon amie »

La chanson qui symbolisait l’attente téléphonique de la Ville a connu un destin incroyable. L’ancien disquaire Claude Guy se souvient…Hier – comme aujourd’hui – le destin d’une chanson peut parfois échapper à toute prévision. Ainsi, « Narbonne mon amie » n’aurait jamais dû sortir du fond du catalogue Trenet. C’était sans compter sur l’opiniâtreté d’un disquaire narbonnais, Claude Guy. Avec son épouse Annie, il tenait naguère boutique dans la rue du Pont-des-Marchands à Narbonne en affichant logiquement une passion pour la musique.

Deuxième face B

Il avait repéré « Narbonne mon amie » sur un super 45 tours sorti en 1961 : « C’était le deuxième morceau de la face B et, après épuisement des stocks du 45 tours, on ne la trouvait que dans un coffret de 13 disques 33 tours appelé ‘Toutes mes chansons’. Je pensais qu’il était important que l’on puisse diffuser ce disque à Narbonne. J’ai donc contacté au début des années 80 la maison de disques, Pathé Marconi qui, face à mon insistance, a accepté d’éditer un 45 tours spécial avec ‘Narbonne mon amie’ en face A et ‘Douce France’ en face B, à condition que nous réglions les frais. Mille disques ont été fabriqués ».

Pour illustrer le 45 tours, Claude Guy fait appel à Jean Fagedet, qui prendra le cliché sur le toit de la maison natale de Charles Trenet. En 1983 enfin, le disque arrive. Pendant que son épouse décore la vitrine du magasin avec les 45 tours, Claude Guy se rend à la mairie pour en offrir un exemplaire au maire, Hubert Mouly. Et là, surprise, il tombe nez à nez avec… Charles Trenet, accompagné par son secrétaire Georges : « Je réalise alors que je n’ai pas averti Trenet de ma démarche, se remémore Claude Guy. Je fais demi-tour pour dire à mon épouse de ne pas mettre le 45 tours en vitrine. Trop tard. Je reviens vers Trenet et je lui raconte l’histoire. Il rétorque : ‘C’est gentil, ça me fait plaisir parce que j’aime cette chanson’. Le disque a connu un grand succès. Et la chanson, méconnue, s’est retrouvée en pleine lumière ».

Coste Rouge : un dolmen exceptionnel en LANGUEDOC!


Inattendu : dans le parc du Prieuré St Michel de Grandmont se trouve le fameux dolmen de Coste-Rouge datant du Néolithique, également classé aux Monuments Historiques . Pourquoi fameux ? Ccar il est dans un état de conservation exceptionnel!

Ce très beau dolmen possède une ouverture en porte-de-four, un couloir et deux murs de soutènement inclus dans le tumulus. La chambre sépulcrale constituée de dalles en grès de Trias (ère secondaire), alors que les murs circulaires sont en rhyolite (granite). La table mesure 3,15 mètres sur 3..

pour la petite histoire, au Moyen Age, il avait la propriété de soigner les maladies de peau : on déshabillait le malade, et il était roulé sur la table.

source : https://www.sitesdexception.fr/sites/prieure-de-grandmont-et-le-dolmen-de-costes-rouge/

Autres sites d’exception QUE JE VOUS PROPOSE de découvrir à proximité

Le Viaduc de Millau – Millau

L’Abbaye de Sylvanès – Sylvanès

5 chiffres à retenir sur le Pont du Gard

source : https://www.france.fr/fr/occitanie-sud-de-france/liste/5-chiffres-a-retenir-sur-le-pont-du-gard

Monument antique le plus visité de France, aqueduc classé par l’Unesco, le Pont du Gard est l’un des vestiges romains les mieux conservés au monde.

Situé en Occitanie, entre Nîmes, Uzès et Avignon, cette merveille de l’Antiquité est une prouesse technique avec ses dimensions hors normes mais aussi un site magique redevenu naturel depuis son réaménagement dans les années 2000.

49 metres

C’est la hauteur de ce pont-aqueduc construit par les Romains au 1er siècle de notre ère, un record pour l’époque ! Il reste aujourd’hui le seul exemple de pont antique à 3 étages encore debout avec une triple rangée d’arcades superposées : 6 arches au niveau inférieur, 11 au deuxième et 35 au troisième.

50 kilomètres

Le pont faisait partie de l’aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes : 50 kilomètres de canalisations traversant la garrigue ou enfouies sous la terre sauf au passage du Gardon. Il fallut enjamber la rivière en construisant cet ouvrage long de 273 mètres aujourd’hui dans sa partie supérieure (360 à l’origine avec 12 arches supplémentaires).

2 000

L’an 2000 marque le début d’une autre histoire pour le Pont du Gard. Utilisé jusqu’au VIe siècle, puis péage au Moyen Âge, il fut pont routier du XVIIIe au XXe siècle. Une Opération Grand Site engagée en 2000 lui a rendu son cadre primitif, sans circulation automobile ni les constructions qui avaient proliféré alentours.

4500 m2 de musée

Un superbe espace muséographique enterré, sur la rive gauche du Pont, retrace de manière ludique et pédagogique l’histoire passionnante de la construction de l’aqueduc et sa fonction dans le mode de vie à l’époque romaine. Au total, 4 500 m2 pour se cultiver, à grand renfort de films, expos, reconstitutions virtuelles…

Balade littéraire au PONT DU GARD

« Par bonheur pour le plaisir du voyageur né pour les arts, de quelque côté que sa vue s’étende, elle ne rencontre aucune trace d’habitation, aucune apparence de culture : le thym, la lavande sauvage, le genévrier, seules productions de ce désert, exhalent leurs parfums solitaires sous un ciel d’une sérénité éblouissante. L’âme est laissée tout entière à elle-même, et l’attention est ramenée forcément à cet ouvrage du peuple-roi qu’on a sous les yeux ». Stendhal / Mémoires d’un touriste /1837

« Le site sauvage, la solitude complète du lieu, le bruit du torrent ajoutaient une poésie sublime à l’architecture imposante qui s’offrait à mes yeux ». Mérimée / Notes d’un voyage dans le Midi de la France / 1835

« Tout à coup nous aperçûmes au-dessus du feuillage sombre des chênes verts et des oliviers, se détachant sur un ciel bleu, deux ou trois arches, à teinte chaude et jaunâtre : c’était la tête du géant romain. Nous continuâmes d’avancer, et au premier coude que fit la montagne, nous l’embrassâmes dans tout son ensemble, à cent pas à peu près de nous ». « Il est impossible de se faire une idée de l’effet produit par cette chaîne granitique qui réunit deux montagnes, par cet arc-en-ciel de pierre qui remplit tout l’horizon, par ces trois étages de portiques qu’ont splendidement dorés dix-huit siècles de soleil. J’ai vu quelques-unes des merveilles de ce monde » Alexandre Dumas / Midi de la France / 1837-1841

« J’accordai toute mon attention à cette grandiose construction. On s’en approche de très près avant de la voir : le ravin qu’il enjambe s’ouvre brusquement et découvre le spectacle, qui devient alors d’une extrême beauté ». Henry James / Voyage en France / 1877

Villerouge-Termenès où mourut le dernier martyr cathare

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Il n’est pas d’exemple d’histoire officielle écrite par les vaincus. Mais il arrive que les peuples se souviennent de la leur et la transmettent. Ainsi en est-il du château de Villerouge-Termenès, entièrement remanié au XIVe siècle, où fut brûlé le dernier Bon Homme cathare : Guilhem Bélibaste, né non loin d’ici dans un village perché là-haut, entre Peyrpertuse et Bugarach. Nous étions bien longtemps après la fin de la croisade contre les Albigeois et l’Inquisition, dans sa soif exterminatrice, traquait les derniers Cathares. C’est de cette histoire vue d’en bas que Claude Marti nous parle : «Le château de Villerouge (XIe – XIIIe) est assurément «un des plus beaux exemples d’architecture militaire de la région». Mais c’est dans la cour de ce château appartenant à l’archevêque de Narbonne que fut mis à mort Guilhem Bélibaste ! Bélibaste, fils de paysans aisés, meurtrier par accident, parfait par repentir, arrêté pour hérésie et enfermé au sinistre «mur» de Carcassonne. Bélibaste évadé, Bélibaste fugitif, traqué, trahi, repris, à nouveau emprisonné, condamné par l’Inquisition et brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès, à deux pas de Cubières où il était venu à la vie. Bélibaste, le dernier parfait ordonné. Le dernier à porter la parole, à guider les âmes dans l’entendensa del ben, le dernier à pouvoir «consoler». Seul pour aller par les chemins, seul pour résister à l’usure mécanique de la mémoire qui corrode parfois la justesse des propos et fait oublier les mots, trop seul parfois pour discerner le bien du mal. Bien seul pour affronter la trahison. Sur le bûcher de Villerouge, Bélibaste a-t-il eu, l’espace d’un éclair, le sentiment que sa propre fin était aussi celle de sa foi ? Solitude».

https://www.ladepeche.fr/article/2015/07/02/2136721-villerouge-termenes-ou-mourut-le-dernier-martyr.html

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Corbières, des vins de tradition

De pan e de vin, lo rei pòt venir : avec du pain et du vin, nous sommes les plus heureux du monde

Les Corbières sont un massif montagneux (500 à 900 m d’altitude) correspondant au piémont des Pyrénées et qui s’étend de Carcassonne à la mer Méditerranée, ce qui lui confère un climat d’influence à la fois atlantique et méditerranéenne. La superficie du vignoble est de 10 600 ha revendiqués en AOC Corbières.

Les terrasses, formées par les alluvions récentes de l’Aude et de l’Orbieu (Quaternaire) présente un sol formé de galets roulés, très filtrant sensible à la sécheresse. Bien adapté aux Grenache, Carignan et Cinsault, il donne des vins chaleureux dont l’expression est étroitement liée aux conditions climatiques. Les schistes sont les plus anciens sols, formés de fines lamelles d’argile de couleur noir. Ces sols acides et très filtrants se réchauffent rapidement et permettent la production de blancs et rosés, fins et élégants. Les calcaires durs sont des sols du Tertiaire ou Secondaire, adaptés à tous les cépages, donnant des vins très méditerranéens avec des tannins bien marqués. Les marnes grises, proposent un terroir jeune et basique aux sols froids et humide l’hiver, et secs en été.

Les Corbières ont le cœur rouge ! Cet AOC dégage toute sa force du Carignan (50%), aux vins tanniques puissants et colorés. La Syrah relève avec son goût d’épices, de fruits rouges… le Grenache noir, quant à lui, confère des touches très sucrées, alors que le Mourvèdre produira des vins plus tanniques mâtinés de notes épicées et de confiture. Enfin, les Rosés des Corbières tirent leur élégance du Cinsault. Quant aux vins blancs, encore trop méconnus, ils étonnent par leur fraîcheur et leur souplesse. Le cœur des Corbières c’est aussi son histoire et son patrimoine ! Au détour des chemins de randonnées, capitelles, casots, garennes, murs à abeille… nous interrogent sur les usages passés et présents de ces terroirs agricoles. Que vous soyez flâneurs ou sportifs, à pied ou à vélo, les chemins des Corbières vous offriront de merveilleux points de vue sur ces terres de traditions viticoles, à moins que vous souhaitiez en découvrir toute leur ampleur, du haut des fameuses citadelles du vertige.

source https://www.tourisme-corbieres-minervois.com/corbieres-des-vins-de-tradition.html

Peinture à Montpellier : Jean Ranc au Musée Fabre

JEAN RANC - UN MONTPELLIÉRAIN À LA COUR DES ROIS

JEAN RANC (1674-1735), UN MONTPELLIÉRAIN À LA COUR DES ROIS

26 janvier 2020-26 avril 2020

Cet hiver, le musée Fabre présente la première exposition consacrée à Jean Ranc, peintre né à Montpellier en 1674 et qui accomplit une carrière internationale, entre Paris et Madrid. Spécialisé dans le portrait d’apparat, Jean Ranc développa un langage pictural fait d’élégance et de raffinement, pour servir le prestige de ses commanditaires.

D’abord formé dans l’atelier montpelliérain de son père Antoine, Jean gagne Paris en 1696 pour devenir collaborateur de Hyacinthe Rigaud. Reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1703,  il expose un ensemble de onze tableaux au Salon de 1704. Ses clients apprécient la beauté de ses tissus, la brillance de ses moirures et le charme de ses couleurs. Sa renommée lui permet d’exécuter le portrait de grands seigneurs tels que Joseph Bonnier de la Mosson, et même des personnages de rang royal, comme le jeune Louis XV ou le Régent Philippe d’Orléans.

Sa carrière devient internationale lorsqu’en 1722, il est appelé par le roi d’Espagne Philippe V, petit fils de Louis XIV, pour devenir le portraitiste officiel de la cour. L’artiste exécute ainsi les effigies du roi, de la reine, des infants et infantes de la cour d’Espagne, et devient le témoin des échanges matrimoniaux et diplomatiques entre la monarchie française et espagnole.

Grâce aux prêts d’institutions prestigieuses telles que le Musée du Prado, le Patrimonio Nacional, le Musée national de Stockholm ou le Musée du château de Versailles, l’exposition permet de révéler le talent de l’auteur du très célèbre Vertumne et Pomone du musée Fabre. Avec le concours de nombreux collectionneurs particuliers, l’exposition révèle un très bel ensemble d’œuvres inédites.

L’Arbre blanc de Montpellier élu plus bel immeuble au monde

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/arbre-blanc-montpellier-elu-plus-bel-immeuble-au-monde-1790763.html

Le plus beau bâtiment résidentiel du monde est à Montpellier. C’est l’Arbre blanc qui a été élu par le site spécialisé en architecture ArchDaily. Cet immeuble contemporain a vu le jour au printemps dernier sur les bords du Lez.

Le plus beau bâtiment résidentiel du monde est Montpelliérain. L’Arbre blanc  a été élu par le site spécialisé en architecture ArchDaily.  Cet immeuble contemporain a vu le jour au printemps dernier sur les bords du Lez.
« Magnifique », « cool », « plutôt réussie » … ou pas, « ça ne fait pas trop penser à un arbre »… Les commentaires des passants ne tarissent pas à la vue de l’édifice. Appréciée décriée ou même détestée, l’architecture de l’Arbre Blanc ne laisse personne indifférent.

Consécration 

Pourtant, la consécration du programme immobilier pensé par Sou Fujimoto et OXO, achitectes associés, Nicolas Laisné et Dimitri Roussel, architectes mandataires, est arrivée le 19 février. 95.000 visiteurs du site d’architectes internationaux Archdaily ont élu la tour résidentielle de Montpellier plus beau bâtiment du monde dans la catégorie Immeuble de Logements.

photos du jour à Aigues Mortes

Patrimoine, nature & sérénité à l’Abbaye de Fontfroide

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https://www.narbonne-tourisme.com/patrimoine-nature-et-serenite-labbaye-de-fontfroide

Visitez 1000 ans d’histoire!

FONDATION DE L’ABBAYE DE FONTFROIDE

L’abbaye de Fontfroide voit le jour en 1093, sur les terres données à quelques moines bénédictins par le Vicomte de Narbonne. L’abbaye tire son nom de la source se trouvant à proximité, la Fons Frigidus, la Fontaine Froide. Outre l’eau, les religieux pouvaient trouver dans le massif le bois et la pierre pour la construction du monastère. Mais Fontfroide ne se développe réellement qu’après 1145 et son rattachement à l’Ordre de Cîteaux. Les moines cisterciens, sous la direction de St Bernard de Clairvaux, souhaitent revenir à la pureté de la règle de St Benoît, prônant pauvreté, austérité et sobriété architecturale.

La communauté de l’abbaye sera constituée de 80 moines et environ 250 frères convers. Grâce aux nombreuses donations et rachat de terres, l’abbaye deviendra une des plus riches en Chrétienté, possédant plus de 20 000 hectares de terre.

A la demande du roi d’Aragon, Fontfroide essaimera dans l’actuelle Catalogne en fondant le monastère de Poblet.

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UNE ABBAYE EN PAYS CATHARE

Au XIIème siècle se développe dans le sud de la France une religion chrétienne différente du catholicisme : le catharisme. Cette nouvelle croyance se propage rapidement dans toute l’Occitanie, réclamant le retour au modèle d’Église primitive des premiers temps du Christianisme. Cette ‘hérésie des bons hommes’ est condamnée par le pape Innocent III et devient la cible des catholiques, en premier lieu des cisterciens. Les moines de Fontfroide ne parvenant pas à convaincre les Cathares d’abandonner leurs croyances par le seul usage de la prédication, la papauté décide en 1209 de déclencher contre les Cathares du Midi, la première croisade organisée en terre chrétienne contre les hérétiques et ceux qui les soutiennent. L’assassinat de Pierre de Castelnau, moine de Fontfroide devenu légat du Pape sera l’acte déclencheur de la Croisade contre les Albigeois.

BENOÎT XII, LE PAPE DE FONTFROIDE

En 1311, Jacques Fournier, succède à son oncle Arnaud Novel sur le siège abbatial de Fontfroide. Nommé évêque de Pamiers en 1317, il dirige lui-même le tribunal d’inquisition contre les derniers cathares. Transféré en 1326 à l’évêché de Mirepoix, il est promu cardinal en 1327. Il est élu pape en décembre 1334, succédant à Jean XXII sous le nom de Benoît XII. À peine élu, il révoque toutes les commendes et entreprend la réforme des ordres monastiques, à commencer, dès 1335, par sa propre famille cistercienne de l’Abbaye de Fontfroide . Il fait construire le Palais des Papes à Avignon où il meurt en 1342 et est enterré dans la cathédrale d’Avignon. Avec cette disparition, l’abbaye perd son dernier grand protecteur. Vient ensuite le temps des changements.

Benoit 12 pape en Avignon

UNE VIE DE CHÂTEAU DANS UNE ABBAYE

À partir du XVème siècle, l’abbaye tombe en Commende : le Roi de France impose ses abbés, des nobles la plupart du temps, peu soucieux des considérations monastiques. De nouvelles constructions voient le jour donnant un air de château à Fontfroide : cour d’Honneur, frontons, jardins en terrasses… Les moines, peu nombreux, oublient à leur tour la rigueur de la règle et mangent viande et chocolat, certains jouent même au billard ! La Révolution Française met fin à toute vie monastique et à la mise en Commende, Fontfroide sera donnée aux Hospices de Narbonne en 1791.

LE PÈRE JEAN

Jean Léonard naît à Valbonne dans le diocèse de Nîmes en 1815. Ordonné prêtre à Nîmes le 12 décembre 1839, il est nommé professeur de mathématiques au petit séminaire de Beaucaire. En 1865, il entre à l’abbaye de Sénanque et devient maître des novices.
Sa culture littéraire et scientifique, sa piété profonde et rayonnante ainsi que son sens pastoral élevé, font de lui un homme complet très aimé de ses frères. Il sème entre eux un véritable esprit de famille cimenté par la prière.

Devenu prieur (1858) puis abbé de Fontfroide (1889), il fait rayonner l’abbaye comme foyer de charité, lieu de retraite et d’accueil. Ses paroles et ses écrits ont une vaste résonance et ont exercé une grande influence sur des personnalités importantes comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Dom Chautard, ou encore Saint Antoine Marie Claret, qui mourut près de lui. A sa mort, en 1895, une foule innombrable participe à ses obsèques, venue de Narbonne et de toute la région. Son procès de béatification est en bonne voie en cour de Rome

LA RENAISSANCE AVEC GUSTAVE FAYET

Les lois de séparation de l’Église et de l’État provoqueront le départ des derniers moines en 1901. En 1908, Gustave et Madeleine Fayet achètent l’abbaye aux enchères. Artiste et conservateur de Musée, Gustave Fayet est surtout connu pour son talent de collectionneur visionnaire et ses commandes d’œuvres symbolistes  : Gauguin, Van Gogh, Cézanne, et surtout Odilon Redon, dont le Jour et la Nuit viennent décorer la bibliothèque de Fontfroide. Il entreprend également une vaste campagne de restauration et de redécoration de l’abbaye. Aujourd’hui, les descendants de Gustave Fayet entretiennent toujours avec la même passion l’Abbaye de Fontfroide.

Et l’histoire se poursuit encore…

Narbonne : trois étoiles pour l’abbaye de Fontfroide

https://www.midilibre.fr/2017/04/13/narbonne-trois-etoiles-pour-l-abbaye-de-fontfroide,1492278.php

L’abbaye de Fontfroide vient de décrocher le Saint-Graal du tourisme! Une troisième étoile au Guide vert Michelin de la dernière édition Roussillon, Aude, Pays Cathare.

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Le responsable de la collection, Philippe Orain, est ainsi venu remettre la précieuse distinction à l’abbaye en présence de Laure d’Andoque, responsable du site. Une récompense attendue de longue date, la deuxième étoile étant arrivée en 1952. L’abbaye rejoint ainsi le club très restreint des sites qui « valent le voyage », à savoir dans l’Aude la Cité de Carcassonne et le château de Peyrepertuse.

Deux autres sites se voient dotés d’une deuxième étoile dans le département, l’ensemble monumental du Palais des Archevêques avec la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur de Narbonne et le château comtal de la Cité de Carcassonne. A Narbonne, cette distinction est l’aboutissement d’un important travail de restauration et de valorisation du patrimoine, ainsi que d’amélioration de l’accueil des publics, mené par les services municipaux.

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La Ville de Narbonne souhaite poursuivre dans cette voie, afin d’atteindre son objectif : décrocher, à terme, une troisième étoile également! Complémentaire au futur Musée régional de la Narbonne antique, le complexe architectural composé du Palais des Archevêques et de la cathédrale permettra ainsi de faire découvrir au plus grand nombre – et dans les meilleures conditions – les beautés et les trésors du patrimoine narbonnais.

Louis IX et la croisade (vidéo)

https://jeremyboulardlefur.fr/Louis-IX-la-VII-croisade

Arrivée de la flotte croisée à Damiette.
Par Odejea — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4165093

Meurtrière, archère, arbalétrière et archere-canonnière : quelle différence ?

Au Moyen Âge, les châteaux forts et les enceintes des villes se percent d’ouvertures de tirs afin de menacer l’approche des assiégeants. Ces meurtrières prennent le nom d’archères, d’archères-canonnières ou de canonnières selon l’arme utilisée par la défense. Comment les distinguer ?

À partir du XIIe siècle, la garnison d’un château ne se contente plus d’attendre que l’ennemi s’épuise dans des assauts répétés ou se lasse. Les forteresses passent en mode « défense active ». Archers, arbalétriers, puis artilleurs visent l’adversaire à travers des trous ménagés dans les tours ou les remparts.

Les formes de ces trous sont très diverses : archère simple, archère à étrier, archère en croix, archère-canonnière, canonnière à la française… La liste est plus longue que celle à envoyer au père Noël. Pour vous aider à reconnaître ces meurtrières, appuyez-vous sur les dessins et les photos qui suivent.

Aucun doute : les hommes sont inventifs quand il s’agit de tuer leur prochain.

Meurtrière, un mot désuet

Les meurtrières sont des ouvertures pratiquées dans les murs pour permettre aux défenseurs cachés derrière, de tirer flèches, carreaux et boulets sur l’assaillant. Les spécialistes des châteaux forts (les castellologues) n’emploient presque plus ce mot. Il fait « vieille école ».

Que lui reproche-t-on ? Son imprécision. Il peut aussi bien désigner des archères (utilisés par des archers ou des arbalétriers), des canonnières (utilisées par les artilleurs à poudre) que des archères-canonnières. Je les détaille plus bas.

Cependant, à titre personnel, ce terme me convient très bien. Déjà parce que les gens de la fin du Moyen Âge l’employaient. Un texte de 1417 évoque les « murdriers » de l’enceinte d’Harfleur en Normandie. Aussi parce que le mot regroupe commodément cette famille de fentes et d’orifices à l’abri desquels les soldats menaçaient l’assiégeant d’un château fort ou d’une ville. Pourquoi condamner aux oubliettes un mot aussi pratique ?

Les archères : la meurtrière la plus répandue

Les archères sont des fentes verticales ouvertes dans un mur afin que des archers tirent discrètement sur l’ennemi.

Des archères, vous en verrez sur la plupart des châteaux forts à tel point qu’elles font partie de leur image d’Épinal. Mais avez-vous remarqué leur variété, parfois leur degré de raffinement ?

Loin de se limiter à un trait vertical, la base de la fente peut s’évaser en un étrier ou en une bêche. Une disposition censée faciliter les tirs plongeants en direction des assiégeants qui s’aventurent au pied des murailles. Les bêches permettraient de glisser vers l’assaillant des projectiles incendiaires voire des fusées explosives. C’est en tout cas l’hypothèse du castellologue Alain Salamagne.

Les différentes types d'archères
7 exemples d’archères. Le cas le plus courant est le 1, une simple fente verticale. Mais dans certains châteaux, elle peut être complétée d’un étrier triangulaire (2) ou semi-circulaire (3), ou d’une bêche (4). Un ou plusieurs croisillons peuvent barrer l’archère, lui donnant une forme symbolique (la croix chrétienne) mais offrant surtout au tireur plus de vision. Le cas 7 est une belle archère à croix pattée.

Des archères prennent même la forme d’une croix. À la fente verticale, s’ajoute donc une traverse. Son rôle ? Élargir le champ de vision du tireur et faciliter la visée. L’archer déclenche son tir quand la cible humaine passe dans l’intersection de la croix.

Les bâtisseurs ont même réussi à créer de belles archères. Regardez celles en croix pattée. Leur terminaison ressemble aux empâtements des caractères d’imprimerie. 

Osez passer derrière le mur ; visitez une archère de l’intérieur. Là encore, vous constaterez des différences. Des archères se limitent à un ébrasement. D’autres sont précédées d’une niche.

Archère simple et archère à niche
Archère simple et archère à niche

Certaines archères présentent enfin un seuil descendant afin de viser l’ennemi dans le fossé. Bref, ces meurtrières méritent une observation attentive en façade comme en coulisses. Mais ces aménagements semblent peu efficaces.

Les arbalétrières, une identification controversée

Les arbalétrières sont des fentes… à l’usage de l’arbalète. Facile, non ?

Au regard des comptes, des inventaires, des règlements et des rapports de fouilles, l’arbalète était au Moyen Âge une arme plus couramment utilisée dans les forteresses que l’arc. Probablement par sa puissance supérieure.

Parce que rien ne vous protège contre son carreau (on ne parle pas de flèche pour les arbalètes, mais de carreau). Il peut transpercer une armure ou un bouclier. « Celui qui est atteint par l’un de ces coups est bien malheureux, car il meurt subitement sans même sentir le coup, tant il est violent », prévient la princesse byzantine Anne Commène au XIIe siècle.

En revanche, un arbalétrier, en raison du mécanisme de recharge de son arme, tire trois fois moins vite qu’un archer. Un défaut à prendre en compte.

À quoi ressemble une arbalétrière ? La réponse ne fait pas l’unanimité. Le castellologue Jean Mesqui affirme : « il n’y a aucune différence avec une archère ! » Même si les textes parlent tantôt d’archères, tantôt d’arbalétrières, les deux termes se vaudraient. Autrement dit, derrière une archère ou arbalétrière, le tireur pouvait manipuler indifféremment un arc ou une arbalète.

Un autre spécialiste Alain Salamagne, déjà mentionné, n’est pas d’accord. L’arbalétrière se caractériserait, à l’intérieur, par un muret, une allège. Dessus, l’arbalétrier posait sa lourde arme lors du tir. Qui a raison ? Je ne sais pas.

archère à allège

Là où ce petit groupe d’experts se rassemble, c’est pour contredire l’idée répandue que l’arbalétrière se reconnaîtrait par la fente en forme de croix. L’erreur est tentante. À l’arc, arme verticale, se rapporteraient les archères verticales. À l’arbalète, arme horizontale, correspondraient les archères en croix. Non, je le répète, le croisillon ne servait pas à loger l’arbalète ! C’était une aide à l’observation et à la visée. Les tireurs ne passaient pas leurs armes à travers les fentes. Ils se postaient en retrait.

Les archères-canonnières : au choix des armes

Les archères-canonnières sont des ouvertures de tir mixte : une fente permet de tirer à l’arc ou à l’arbalète (les armes à cordes) tandis qu’un orifice autorise l’emploi d’armes à feu.

Différents types d'archère-canonnière

En effet, à partir du XIVe siècle, la poudre fait son entrée sur les champs de bataille d’Occident. Face aux canons, les châteaux s’adaptent. D’anciennes archères sont percées d’un trou rond pour projeter des boulets tandis que les nouveaux châteaux renoncent aux archères en faveur des archères-canonnières. Selon Alain Salamagne, cette transformation se situe vers 1400 en France et dans les anciens Pays-Bas.

N’imaginez pas de gros calibres derrière ces orifices. Vous oubliez que l’arsenal de l’époque comprend des canons semi-portatifs comme les bâtons à feu, les veuglaires, les bombardes. Un homme peut les transporter à la main et les poser sur un chevalet ou un dispositif en bois fixe. Un diamètre de 10 à 20 cm suffit à faire passer la gueule du canon.

Aigues Mortes une cité mal fortifiée?

Aujourd’hui, Aigues-Mortes est une petite ville. Vous avez peut-être besoin d’un peu d’aide pour la situer. Nous sommes entre le Languedoc et la Provence. Le séparateur entre les deux régions s’appelle le Rhône qui se jette dans la mer Méditerranée. L’estuaire forme un delta dans lequel se niche Aigues-Mortes.
Parfois, on explique qu’autrefois la mer venait lécher les murs d’Aigues-Mortes. Ce n’est pas vrai. Voici la situation d’Aigues-Mortes au temps de sa fondation, c’est-à-dire au XIIIe siècle. On se rend compte que la ville se trouve en retrait de la mer. Des cordons de sable ont enfermé des étendues d’eau salée, formant des lagunes. Aigues-Mortes se trouve au fond d’un de ces étangs. Par des canaux, la ville a néanmoins accès à la mer. Le port est ainsi protégé des tempêtes de la Méditerranée.

Après la géographie, parlons histoire. Vers 1240, saint Louis a un problème : il ne possède aucun grand port sur la Méditerranée. Les principales villes littorales ne lui appartiennent pas. Pire certaines comme Montpellier appartiennent à ses ennemis comme le roi d’Aragon. Or, la Méditerranée est une mer de plus en plus fréquentée par des marchands de toutes nationalités. Sur l’eau, transitent des marchandises très précieuses. Des marchandises peu encombrantes mais vendues très chères. Je veux parler des épices comme le poivre ou le gingembre. Mais aussi de la soie venue de Chine. Saint Louis aimerait capter ce juteux trafic, sans passer par des intermédiaires. Plus généralement, il souhaite faire de son royaume, jusque là tournée vers la Manche ou l’Atlantique, une puissance méditerranéenne. Saint Louis a des rêves d’Orient. La Croisade l’obsède. Posséder un port lui serait utile pour embarquer lui et ses troupes

Ainsi naît sur un site jusque là désert Aigues-Mortes dans les années 1240. Un port est aménagé, sur lequel s’adosse une ville. Dans l’angle nord-ouest, un château connu sous le nom de Tour de Constance, est construit à grands frais. Mieux qu’un château, saint Louis veut une enceinte autour de sa fondation. Déjà pour une raison banale : défendre les habitants et les marchands contre des attaques ennemies (par exemple le roi d’Aragon dont j’ai parlé tout à l’heure). Autre raison moins banale : empêcher le sable côtier d’encombrer peu à peu les rues sous l’effet du vent. Le rempart doit donc résister aussi bien aux hommes qu’aux forces de la nature.

Pour financer la construction de ce grand chantier, saint Louis instaure une taxe sur toutes les marchandises débarquées. Les travaux n’ont pas commencé quand il embarque pour la croisade en 1270. Vous connaissez peut-être la suite de l’histoire : le roi de France ne revient pas ; il meurt en 1270 sous les murs de Tunis. C’est donc son fils Philippe III le Hardi puis son petit-fils Philippe IV le Bel qui achève l’enceinte. Là voici dessinée, c’est ce quadrilatère noir. Il fait 1640 m de long. Si on reste dans les chiffres, la muraille est épaisse de 3 m et s’élève à 11 m. Surtout, des portes percent la muraille. J’en viens enfin à la question de Gabin. Généralement, une ville moyenne a 4 portes implantées selon les points cardinaux. Aigues-Mortes présente 10 portes. Il y en a notamment 5 sur le flanc sud. Les autres côtés sont pourvus plus normalement : 1 à 2.

Un tel nombre d’ouvertures semble incompatible avec le souci de défense. 10 portes ce sont 10 points faibles. Même si, comme vous pouvez le voir, ce sont de forts ouvrages de pierre. Quelle explication donner à cette contradiction ? Tout simplement, les rois de France n’ont pas voulu entraver la principale fonction d’Aigues-Mortes : le commerce. Si autant de portes se situent sur le rempart sud, c’est pour faciliter le transfert des marchandises entre le port et la ville. Une seule porte aurait créé un engorgement.

Lors de sa visite, un autre aspect des remparts interrogea Gabin. Pourquoi des portes sont-elles petites et d’autres grandes ? Je lui réponds que les grandes portes ouvrent sur les rues principales de la ville tandis que les petites portes donnent sur des rues secondaires.

Au final, les Capétiens investirent beaucoup d’argent dans ce site pour un résultat décevant. En effet, dès les travaux de saint Louis, le port commençait à s’ensabler. Les bateaux, les galères,  n’avaient plus assez de fonds pour s’approcher du rivage. Parallèlement, les rois de France acquirent d’autres sites plus commodes sur la côte méditerranéenne, délaissant la fondation de Louis. D’une certaine manière, ce déclin fait notre chance aujourd’hui. Aigues-Mortes, tout du moins ses remparts, sont presque restés les mêmes depuis le XIIIe siècle.

Aigues Mortes