CARTE POSTALE : Embarquement immédiat dans le petit train de Listel

Il est 15h15. Le départ est imminent. Cathy, la conductrice du petit train de Listel, vérifie une dernière fois que les portes sont bien fermées. C’est le cas. « Attention au départ », prévient-elle. C’est parti pour une parenthèse viticole d’une heure et demie. Une parenthèse enivrante.


Une vingtaine de personnes a pris place à bord d’un petit train aux sièges rosés, de la même couleur que le vin conçu dans les immenses vignobles du domaine de Jarras, situé sur la gauche de la route qui relie Aigues-Mortes au Grau-du-Roi. Très rapidement, le train s’engage dans des chemins caillouteux qui bordent les vignes. Sur la gauche, on trouve des parcelles de grenache noir, plantées dans du sable, la signature de Listel. A la fin du XIXe siècle, la Phylloxéra détruit la vigne un peu partout en France mais le domaine de Listel est épargné car la Phylloxéra ne s’introduit pas dans le sable. Une aubaine pour ce vin qui ne résistera pas en revanche à la seconde guerre mondiale. Le vignoble est détruit et reconstruit dans les années 50. Une parcelle de vigne, plantée en 1955, fait d’ailleurs la fierté du domaine. Du fait de son âge avancé, les viticulteurs se doivent de lui porter une grande attention et récoltent le vin uniquement à la main pour produire la cuvée haut de gamme « Le Commandeur ».

Dans le train, adultes comme enfants ont les yeux grands ouverts. Durant cette balade d’une heure, il est fréquent de croiser des flamands roses, des taureaux de Camargue et plein d’espèces de toutes sortes : « Il y a 135 espèces d’oiseaux, explique Cathy à travers son micro, 13 espèces de reptiles, 210 de plantes. Vous verrez peut-être des sangliers, des lapins, des renards… » On tombe aussi sur un imposant tracteur rouge, posé au milieu d’un champ : « C’est l’un des premiers convoyeur à vendange, ajoute la conductrice. Il est long de 21 mètres et s’étend sur neuf rangées de vignes ». Aujourd’hui, excepté pour la parcelle de 1955, les machines ont remplacé l’homme, et les récoltes se font entre fin août et fin septembre. Une cinquantaine de personnes travaille à l’année dans le domaine sans compter les nombreux saisonniers, très utiles pour la taille de la vigne en hiver. Un travail fastidieux quand on sait que Listel est le plus grand domaine viticole d’Europe. La Parcelle Saint Romain et ses 80 000 pieds de vigne, par exemple, est longue de 2,8 kms ! Elle détient aussi le record d’Europe.
Après une heure de visite, le train s’arrête et les visiteurs sont invités à découvrir l’ancien chai qui date de 1883. On y trouve 46 foudres de chênes de Russie capables de stocker 30 000 litres de vin. Majestueux. Un petit film d’une dizaine  de minutes qui retrace l’histoire de Listel est projeté. La visite se termine par une dégustation d’un blanc 100% Chardonnay, d’un gris de gris Pink Flamingo et de la « star » de Listel, le fameux « Commandeur ». Ceux qui le souhaitent peuvent repartir avec une ou plusieurs bouteilles vendues à la sortie pendant que les autres quittent cette promenade hors du temps avec le sentiment d’avoir vu la vie en rosé

Gigondas – coté vin

Gigondas

Un site hors du commun, naturel et protégé

Des coteaux façonnés par la main de l’Homme pour accueillir la vigne. Lové au pied des Dentelles de Montmirail dont les « racines » nourrissent celles des vignes du sommet de l’appellation, Gigondas recèle des merveilles. Les sols de calcaire gris qui en découlent constituent des terroirs structurés et uniques. Ils produisent ainsi des vins rouges aux arômes de fruits kirschés évoluant vers des notes de sous-bois et de truffe avec l’âge. Et des rosés chatoyants et complexes aux notes de fruits rouges, d’amande et d’épices.

Cépages & saveurs

Les Gigondas offrent un bouquet riche, aux arômes fins, fruités et épicés et une couleur ensoleillée, qui va du rubis au grenat foncé. Le nez dévoile un bouquet de fruits rouges et de fruits noirs très mûrs. En bouche, le Gigondas est corsé avec une attaque charnue. 

Pour les rouges : le Grenache Noir (50% maximum), libérant toute l’expression de sa puissance dans des vins rouges chatoyants aux tanins marqués, au corps charpenté et doté d’une grande aptitude au vieillissement. La Syrah et le Mourvèdre (15% minimum) renforcent leur couleur grenat et épicent leurs arômes. Tous les autres cépages de l’AOC Côtes du Rhône sont autorisés à hauteur de 10% maximum, à l’exception du Carignan. 

Pour les rosés : les cépages autorisés sont le Grenache noir à hauteur de 50% maximum et Tous les autres cépages de l’AOC Côtes du Rhône sont autorisés à hauteur de 10% maximum, à l’exception du Carignan.

autre article du blog : https://lesudmakesmehappy.com/wp-admin/post.php?post=2629&action=edit

les vitraux de Claude Viallat- Eglise d’Aigues Mortes

Témoin de l’embarquement de Saint – Louis pour les Croisades, L’église Notre Dame des Sablons est sans doute le monument le plus ancien de la ville, dédié à la vierge sous le nom de Notre Dame des Sablons en référence probablement aux marécages sablonneux dont était entourée la cité. Construite en style gothique, elle subit de nombreuses transformations durant les siècles. En 1634, son clocher s’écroule. Elle reste fermée de 1738 à 1744, date à laquelle des restaurations sont entreprises : élévation de la tour carrée de l’horloge et changement d’orientation, le sanctuaire prenant la place du narthex. Pendant la révolution, l’Église sert de temple décadaire, de caserne et d’entrepôt à sel. Ce n’est qu’en 1804 que Notre Dame des Sablons redevient une église. Sa restauration intérieure est entreprise dans les années 60. L’Église retrouve la beauté de ses pierres.

CLAUDE VIALLAT :

Claude Viallat, né à Nîmes en 1936, fait ses études aux Beaux-arts de Montpellier et de Paris. Depuis la fin des années 60, il développe une critique pratique et théorique du tableau traditionnel. Sa recherche le conduit à démonter la toile de châssis et l’amène à utiliser des toiles non tendues. En parallèle, il utilise une forme répétée inspirée de l’éponge utilisée dans le midi pour peindre les cuisines. Au fil des ans, la peinture de Claude Viallat s’enrichit sans cesse par l’utilisation de nouveaux supports : draps, chemises, toiles de tentes, parapluies, vieux rideaux, dessus de fauteuils… Son intérêt pour le verre, comme nouveau support commence avec la réalisation de 11 fenêtres situées dans le chœur gothique de la Cathédrale Saint-Cyr de Nevers. Après avoir démonté la toile, l’avoir peinte recto – verso, s’être livré à maintes recherches sur la lumière, la couleur, Claude Viallat travaille sur la transparence avec ce nouveau support.

Claude Viallat

BERNARD DHONNEUR

Bernard Dhonneur est né le 19 mai 1928 à Chartres. La collaboration de Bernard Dhonneur Maître Verrier avec Claude Viallat débute avec les vitraux de la Cathédrale de Saint – Cyr de Nevers (première commande publique de cette importance depuis 1950). Si à Saint-Cyr, les vitraux sont classiquement sertis de plomb, il n’en est pas de même pour ceux d’Aigues-Mortes qui sont réalisés en verre antique soufflé à la bouche. Les verres sont colorés au moment de la fusion avec ajout d’une couche d’émail coloré sur un support blanc. Ces vitraux comprennent plusieurs couleurs dans l’épaisseur, les formes étant obtenues par gravure à l’acide et l’ensemble relié par des résines acoustiques suivant un procédé proche du stadip mais adapté pour la première fois à l’art. Cette recherche plastique débouche sur un vitrail sans plomb. L’emploi de grands volumes avec des nuances dans la matière et la couleur permet de serrer au plus près la pensée de l’artiste.

Superficie de 61 m³ de vitraux répartis en rosace, fenêtres et fenestrons 1989 : naissance du projet 1990 : études et réalisations de cartons 1991 : réalisation et installation des vitraux.

A Aigues Mortes partons identifier les marques de tacherons!

Au Moyen Age, l’habitude est de placer une action et en particulier un métier sous la protection d’un saint. Les maçons qui ont le triangle pour emblème, symbole de la Trinité, ont choisi pour patron un grand nombre de saints. Le plus caractéristique paraît être Saint Thomas souvent représenté avec une équerre, instrument de l’architecte qu’il aurait été au service d’un roi de l’Inde, au cours de son périple en Orient. On cite aussi Saint Blaise, Saint Etienne, à cause de sa lapidation, et même Saint Louis, bâtisseur de la Sainte Chapelle. Pour les tailleurs de pierres, c’est Saint Ambroise ou Saint Silvestre, le pape bâtisseur, qui était invoqué à côté des saints protecteurs des maçons.

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Dans le Languedoc, les confréries qui regroupent des gens de métier sous la protection d’un saint patron sont assez nombreuses et prennent un caractère nettement professionnel après 1250. Ce sont des groupements à caractère spirituel et moral visant à créer une solidarité de corps entre les membres, qu’il ne faut toutefois pas confondre avec les « confraternités » ou « conjurations » qui ont un caractère plus politique ou religieux que professionnel, étant œuvres de dévotion ou de charité. Une étude précise de ces différentes organisations dans le Languedoc médiéval fait apparaître que, si les corps de métiers sont dès le XIIIème siècle bien organisés à Narbonne, Béziers, Montpellier ou Nîmes, les tailleurs de pierres et maçons y apparaissent peu.

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Ce sont surtout les métiers de l’alimentation et du vêtement qui témoignent d’une certaine cohésion. Les maçons sont rarement cités dans les registres des diocèses d’Agde ou d’Albi et les tailleurs de pierres tiennent une place prépondérante dans l’activité des chantiers. Ce sont le plus souvent eux qui font office de maîtres d’œuvre et il leur arrive même de diriger plusieurs chantiers à la fois. Tel est le cas d’Eudes de Montreuil, architecte du roi, ou de Pierre d’Angicourt qui fut successivement tailleur de pierres, maçon, puis architecte principal de Charles d’Anjou qu’il suivit jusqu’à Naples.

LES MARQUES DE TÂCHERONS
Parmi les indices pouvant nous aider à mieux connaître ces milieux professionnels qui par le caractère secret de leurs associations demeurent d’une approche difficile, il faut compter en premier lieu ces marques qui apparaissent en grand nombre sur les pierres taillées qui ont servi à bâtir l’enceinte d’Aigues-Mortes. On s’est beaucoup interrogé sur l’origine et la signification de ces marques. Même si l’on en trouve dont l’inspiration peut-être religieuse, il faut y voir des marques permettant d’identifier l’auteur de l’ouvrage qui en garantit ainsi la qualité. Il semble bien que ce soit là la principale interprétation qu’il faille en donner. Il n’en reste pas moins que cette pratique comporte des implications adjacentes, sur lesquelles il convient de s’arrêter en raison de la complexité quelles laissent entrevoir.

Il n’est guère douteux que ces marques aient eu une valeur professionnelle voire symbolique. On sait qu’elles se transmettaient de père en fils et qu’elles contribuaient à établir des sortes de filiations permettant sans doute à des ouvriers de se reconnaître par ces signes qui nous paraissent aujourd’hui naïfs ou mystérieux.

On sait par ailleurs que ces marques permettaient d’effectuer le comptage en fin de journée en vue de procéder à la paie des ouvriers. En effet, dans les chantiers itinérants ou lorsqu’il fallait faire appel à un grand nombre d’ouvriers pour un gros chantier comme Aigues-Mortes, on recrutait des ouvriers à la journée que l’on payait à la tâche. La cité est un exemple particulièrement signalé pour le nombre des marques observables. Dans les chantiers stables, comme ceux des grandes cathédrales du Nord, les équipes étaient plus sédentaires, les ouvriers mieux connus étaient payés à la journée et avaient moins de raisons de marquer leurs pierres. A Aigues-Mortes, les maçons auraient reçu pour l’achèvement des travaux de l’enceinte un salaire de quatre livres et dix sous par canne de mur construit, une canne valant environ 1.92m.

Du fait du caractère initiatique que ces marques tendent à conférer à la vie professionnelle et de la solidarité corporative qu’elles contribuent à renforcer par le code de reconnaissance secrète qui s’établit par ce moyen de chantier en chantier, on a parfois eu tendance à y voir un des signes génétiques de la franc-maçonnerie. On considère généralement qu’elle est une institution qui est apparue en Angleterre au XVIIIème siècle. Il est cependant vraisemblable que, dès le Moyen Age, les organisations spécifiques des gens de métier aient pu créer un esprit de corps dont on puisse dire qu’il a servi de point de départ à ce que l’on appelle la franc-maçonnerie. Cette évolution s’est faite en Angleterre. Il ne semble pas que l’on puisse en trouver des résurgences médiévales dans l’Europe méditerranéenne.

Franc-maçon : L’erreur serait à cet égard d’interpréter l’expression Franc-maçon comme impliquant une notion de franchise, c’est-à-dire un statut particulier. L’explication serait d’origine anglaise, en relation avec la terminologie concernant le métier des carriers, ceux qui extraient les pierres dans les carrières. On aurait distingué ceux qui travaillaient les roches plus tendres. Les premiers seraient les hard hewers, les autres les freestone masons. Les freestone masons seraient des sculpteurs tandis que les rough masons ne seraient que des tailleurs de pierre. Par contraction, l’expression serait devenue free mason, traduit en français lors de l’introduction de la franc-maçonnerie spéculative en France, en 1725, par franc-maçon. D’une manière générale, en terme de métier, on utilise encore le qualificatif « franc » pour désigner une pierre de bonne qualité ; On parle de « franc biais », de « franc banc », ou encore de coupe franche, de « bord  franc ».
source : https://ot-aiguesmortes.com/les-tacherons

FRUITS CONFITS EN PROVENCE Lilamand, le confisage depuis 153 ans

Des fruits, souvent, des légumes, parfois, confits… Dans cette famille les secrets de fabrication se transmettent de génération en génération. Pierre Lilamand en est le dernier dépositaire.

Pierre Lilamand

Vos gestes et techniques ont-ils évolué en 153 ans ?

Pierre Lilamand : Très peu. Les seules évolutions notables ce sont les nouveaux fruits exotiques comme les kumquats, les ananas victoria ou les kiwis inconnus au XIXe siècle. La vapeur aussi a remplacé le charbon. Autrefois, le feu nu léchait les bassines de cuivre, désormais, c’est un flux constant de vapeur, plus douce.

Quelles sont les grandes étapes et les principes du confisage ?

Pierre Lilamand : L’essentiel réside dans la sélection. Certains doivent être pelés (poires, melons, ananas). On les blanchit, c’est-à-dire qu’on les plonge plus ou moins longtemps dans de l’eau plus ou moins bouillante afin de les ramollir et favoriser la pénétration de sucre. On plonge enfin le fruit dans un sirop de sucre. Le confisage, c’est une succession de 6 à 7 bouillons et de temps de repos de 3 semaines à 1 mois.

Où faites-vous votre marché ?

Pierre Lilamand : On travaille les variétés anciennes avec des producteurs d’ici dont certains vendaient déjà à mon père et à mon grand-père ! On achète surtout en Provence afin de décider avec le paysan du moment parfait de récolte. La maturité parfaite offre un gain gustatif irremplaçable. Nous avons aussi planté 200 abricotiers dans les Alpilles et 2150 amandiers à Maillanne pour garantir les approvisionnements.

SOURCE https://www.myprovence.fr/article/pierre-lilamand-specialiste-fruits-confits-en-provence

22 mai 1271. Le jour où les ossements de Saint Louis sont inhumés à Saint-Denis.

https://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/22-mai-1271-la-grande-vadrouille-des-ossements-de-saint-louis-a-travers-l-europe-21-05-2012-1463818_494.php

Le corps du roi, mort devant Carthage lors de la 8e croisade, est mis à bouillir dans un chaudron pour que ses ossements soient récupérés.

Miniature représentant Louis IX, alité et mourant, entouré de personnages diversement affligés.
La mort de Saint Louis, Chroniques de Saint-Denis, BL, Royal 16 G VI, fo 444 vo.

la dernière croisade de Saint Louis

et un peu de lecture!

https://www.laprocure.com/derniere-croisade-saint-louis-tunis-1270-xavier-helary/9782262038199.html

et pour poursuivre un article sur le transfert des ossements à Saint Denis :

http://lesudmakesmehappy.com/wp-admin/post.php?post=2262&action=edit

Van Gogh en Provence

Avignon

– Visite du Musée Angladon où vous pourrez admirer le seul tableau de Van Gogh en Provence : Wagons de chemin de fer – août 1888.

Itinéraire touristique : Van Gogh en Provence

Puis direction Saint Rémy de Provence

A voir / à faire :

-Visite du monastère de Saint Paul de Mausole, transformé au XIXe siècle en asile et où Van Gogh trouvera refuge au cours de l’année 1889/1890 juste avant de se suicider. Dans l’allée du monastère, un buste en bronze rappelle le séjour du peintre.

Traversée des Alpilles par l’impressionnant Val d’Enfer.

Rejoindre Arles

A voir / à faire :

-Passage devant l’Abbaye de Montmajour qui inspira le peintre (possibilité de visite).

-Visite de la ville d’Arles. Son patrimoine romain et roman, Ville de Van Gogh, capitale de la Camargue et chaque année le rendez-vous de la photographie, de la musique, de la tauromachie… Arles est une ville d’art et d’histoire, classée par l’UNESCO comme Patrimoine mondial de l’Humanité. – www.arlestourisme.com

-Évocation de la vie de l’artiste sur les lieux où il vécut et qui lui inspirèrent ses plus belles toiles (L’Hôpital Van Gogh, le Pont Langlois, les Alyscamps, la Place Lamartine…).


Aigues Mortes et le protestantisme

https://www.parismatch.com/Culture/Art/Aigues-Mortes-de-Saint-Louis-a-la-Reforme-500-ans-d-Histoire-1307426

Aigues-Mortes, de Saint Louis à la Réforme, 500 ans d’Histoire

Paris Match ||Mis à jour le 

Port de commerce du Languedoc, né de la volonté du roi Saint Louis qui voulait un débouché pour son royaume sur la Méditerranée – c’est de là qu’il partira ensuite par deux fois en croisade – Aigues-Mortes impressionne par ses remparts jalonnés de de tours et l’ensemble de ses fortifications médiévales danS un l’état de conservation impeccable.
Entamés en 1240, les travaux de construction de la cité militaire s’achèveront au tournant du XIVe siècle sous Philippe IV le Bel. Il s’agit d’un témoignage unique de l’art de la poliorcétique à l’apogée du Moyen Age, des principes défensifs qui ont présidé à l’édification des défenses d’Aigues-Mortes et qui illustrent cet art de la guerre et son évolution.

Du chemin de ronde, on se contente désormais d’admirer le panorama spectaculaire, en particulier celui donnant sur les marais salants. Un paysage qui se teinte de rose à certaines heures de la journée, à découvrir depuis la tour de Constance. Pour le curieux, un voyage garanti dans un passé riche et glorieux.

Une histoire tumultueuse liée au protestantisme

Avant de devenir ce lieu de vacances prisé des touristes se rendant en Camargue, Aigues-Mortes a aussi connu une histoire tumultueuse liée à la présence protestante dans la ville. Dans un Midi très largement gagné aux idées de Luther et Calvin, elle devient une place forte où les réformés peuvent se retrancher et exercer librement leur culte.

Mais, après la révocation de l’Edit de Nantes sous Louis XIV en 1685 qui met fin à la tolérance du protestantisme dans un royaume majoritairement catholique, la ville devient le siège d’une prison à la sinistre réputation pour ceux qui ont refusé de ses soumettre et d’abjurer.

Les pierres de la tour de Constance, de la porte de la Reine, de la tour de Villeneuve portent toujours les marques et les témoignages du passage de ces captifs. Enfermés à cause de leur foi, de nombreux prisonniers ont gravé leur nom dans la pierre, permettant aux archéologues de retracer leurs destins. Le graffiti «REGISTER» est attribué à Marie Durand, figure du protestantisme cévenol emprisonnée à Aigues-Mortes durant 38 ans au XVIIIe siècle. Il est le témoignage le plus éloquent de cet aspect sombre mais passionnant de l’histoire des remparts et de la tour d’Aigues-Mortes.

Terre de vignes autour D’Uzès

source : https://www.uzes.fr/decouvrir-uzes/a-voir-a-faire/terroir/terre-de-vignes

Les vins du Duché d’Uzès ont une riche histoire qui remonte à l’époque des Grecs et des Phéniciens, voilà plus de 2000 ans. Implanté au cœur des garrigues sur les coteaux les mieux ensoleillés du département du Gard, le petit vignoble bénéficie depuis 2013 d’une AOC spécifique.

Des vins rouges colorés et puissants aux arômes épicés et fruités, des blancs mordorés très aromatiques aux accents d’agrumes et de fruits secs, des rosés frais et vifs couleur rose clair teinté de violine… grâce à un terroir jouissant d’un climat méditerranéen subtilement atténué par les contreforts des Cévennes, le Duché d’Uzès est un vignoble qui offre des vins haut de gamme, généreux et divers.
 

Les vignes sont présentes autour d’Uzès depuis l’Antiquité. Au Moyen Age, le vin servait pour le culte mais l’évêque d’Uzès l’utilisait également en vin d’honneur pour ses hôtes de marque. Jean Racine en séjour chez son oncle, disait même qu’Uzès produisait « le meilleur vin du royaume ». 

Depuis 2013, le vin du Duché d’Uzès est reconnu en appellation d’origine contrôlée (AOC) sur une superficie de 282 hectares. Un peu plus de 10 000 hectolitres sont ainsi produits chaque année par une quarantaine de vignerons indépendants et une dizaine de caves coopératives sur 77 communes aux alentours d’Uzès et qui disposent de leur propre bouteille frappée de l’écusson du duché. Parmi toutes les AOC de la Vallée du Rhône, l’AOC Duché d’Uzès est la première productrice de vin blanc. Le vignoble repose essentiellement sur des sols argilo-calcaires et l’aire de l’appellation s’étend des plaines collinaires de l’Uzège jusque dans les premiers contreforts des Cévennes. Sur des côteaux magnifiquement exposés, et parsemés de capitelles (cabanes de pierre sèche), la vigne cohabite avec les oliviers, les pêchers, les abricotiers et les chênes truffiers.

Je rajoute : les cépages qui composent ces vins en AOP Duché d’Uzès sont : Grenache/Syrah/Mourvèdre/Cinsault/Viognier/Carignan/Marsanne

photos du jour à Aigues Mortes

Louis IX et la croisade (vidéo)

https://jeremyboulardlefur.fr/Louis-IX-la-VII-croisade

Arrivée de la flotte croisée à Damiette.
Par Odejea — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4165093

Aigues Mortes une cité mal fortifiée?

Aujourd’hui, Aigues-Mortes est une petite ville. Vous avez peut-être besoin d’un peu d’aide pour la situer. Nous sommes entre le Languedoc et la Provence. Le séparateur entre les deux régions s’appelle le Rhône qui se jette dans la mer Méditerranée. L’estuaire forme un delta dans lequel se niche Aigues-Mortes.
Parfois, on explique qu’autrefois la mer venait lécher les murs d’Aigues-Mortes. Ce n’est pas vrai. Voici la situation d’Aigues-Mortes au temps de sa fondation, c’est-à-dire au XIIIe siècle. On se rend compte que la ville se trouve en retrait de la mer. Des cordons de sable ont enfermé des étendues d’eau salée, formant des lagunes. Aigues-Mortes se trouve au fond d’un de ces étangs. Par des canaux, la ville a néanmoins accès à la mer. Le port est ainsi protégé des tempêtes de la Méditerranée.

Après la géographie, parlons histoire. Vers 1240, saint Louis a un problème : il ne possède aucun grand port sur la Méditerranée. Les principales villes littorales ne lui appartiennent pas. Pire certaines comme Montpellier appartiennent à ses ennemis comme le roi d’Aragon. Or, la Méditerranée est une mer de plus en plus fréquentée par des marchands de toutes nationalités. Sur l’eau, transitent des marchandises très précieuses. Des marchandises peu encombrantes mais vendues très chères. Je veux parler des épices comme le poivre ou le gingembre. Mais aussi de la soie venue de Chine. Saint Louis aimerait capter ce juteux trafic, sans passer par des intermédiaires. Plus généralement, il souhaite faire de son royaume, jusque là tournée vers la Manche ou l’Atlantique, une puissance méditerranéenne. Saint Louis a des rêves d’Orient. La Croisade l’obsède. Posséder un port lui serait utile pour embarquer lui et ses troupes

Ainsi naît sur un site jusque là désert Aigues-Mortes dans les années 1240. Un port est aménagé, sur lequel s’adosse une ville. Dans l’angle nord-ouest, un château connu sous le nom de Tour de Constance, est construit à grands frais. Mieux qu’un château, saint Louis veut une enceinte autour de sa fondation. Déjà pour une raison banale : défendre les habitants et les marchands contre des attaques ennemies (par exemple le roi d’Aragon dont j’ai parlé tout à l’heure). Autre raison moins banale : empêcher le sable côtier d’encombrer peu à peu les rues sous l’effet du vent. Le rempart doit donc résister aussi bien aux hommes qu’aux forces de la nature.

Pour financer la construction de ce grand chantier, saint Louis instaure une taxe sur toutes les marchandises débarquées. Les travaux n’ont pas commencé quand il embarque pour la croisade en 1270. Vous connaissez peut-être la suite de l’histoire : le roi de France ne revient pas ; il meurt en 1270 sous les murs de Tunis. C’est donc son fils Philippe III le Hardi puis son petit-fils Philippe IV le Bel qui achève l’enceinte. Là voici dessinée, c’est ce quadrilatère noir. Il fait 1640 m de long. Si on reste dans les chiffres, la muraille est épaisse de 3 m et s’élève à 11 m. Surtout, des portes percent la muraille. J’en viens enfin à la question de Gabin. Généralement, une ville moyenne a 4 portes implantées selon les points cardinaux. Aigues-Mortes présente 10 portes. Il y en a notamment 5 sur le flanc sud. Les autres côtés sont pourvus plus normalement : 1 à 2.

Un tel nombre d’ouvertures semble incompatible avec le souci de défense. 10 portes ce sont 10 points faibles. Même si, comme vous pouvez le voir, ce sont de forts ouvrages de pierre. Quelle explication donner à cette contradiction ? Tout simplement, les rois de France n’ont pas voulu entraver la principale fonction d’Aigues-Mortes : le commerce. Si autant de portes se situent sur le rempart sud, c’est pour faciliter le transfert des marchandises entre le port et la ville. Une seule porte aurait créé un engorgement.

Lors de sa visite, un autre aspect des remparts interrogea Gabin. Pourquoi des portes sont-elles petites et d’autres grandes ? Je lui réponds que les grandes portes ouvrent sur les rues principales de la ville tandis que les petites portes donnent sur des rues secondaires.

Au final, les Capétiens investirent beaucoup d’argent dans ce site pour un résultat décevant. En effet, dès les travaux de saint Louis, le port commençait à s’ensabler. Les bateaux, les galères,  n’avaient plus assez de fonds pour s’approcher du rivage. Parallèlement, les rois de France acquirent d’autres sites plus commodes sur la côte méditerranéenne, délaissant la fondation de Louis. D’une certaine manière, ce déclin fait notre chance aujourd’hui. Aigues-Mortes, tout du moins ses remparts, sont presque restés les mêmes depuis le XIIIe siècle.

Aigues Mortes, le reve un peu fou d’un roi capetien!

LOUIS  IX serait il tombé sur la tete lorsqu’en 1240 il devient propriétaire d’un espace insalubre, au fin fond du royaume de France, dans un milieu plutot hostile peuplé de marécages et d’étangs, propice aux fièvres…..?

Quelle drole d’idée me direz vous!

Il est vrai que ce roi capétien n’a pas beaucoup d’autres choix . À l’est du Rhône, c’est le Saint Empire Romain Germanique,  Saint Gilles dépend du Comté de Toulouse et Montpellier du Roi d’Aragon. Donc non seulement la mission de Louis IX est de trouver un espace maritime pour pouvoir créer un port et partir en Croisades mais aussi d’asseoir le pouvoir de la dynastie capetienne en Languedoc.
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Dès 1244, l’architecte Eudes de Montreuil dresse les premiers plans du port et de la ville enfin ville c’est un bien grand mot, il s’agit avant tout d’une base militaire; il faut d’abord imaginer un camp militaire constitué de tentes

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et de manière à faciliter et encourager l’arrivée d’une population civile, une charte de privilèges sous la forme d’exonérations d’impôts verra le jour. Ca y est, Aigues Mortes etait née! Et cette cité va veritablement jouer un role majeur historique et economique :

historique car Saint Louis partirant deux fois d’Aigues Mortes pour les Croisades, en 1248 et 1270 et

économique car Aigues Mortes devient le premier port capetien de Mediterranée.sites_monuments19